La gestion obligataire du point de vue de l'assureur non-vie : instruments, marchés, gestion de portefeuille, comptabilité en normes françaises et IFRS 9, Solvabilité II et contrôles.
Le portefeuille d'un organisme d'assurance est d'abord un portefeuille obligataire. Chez un assureur non-vie français, les obligations et les fonds obligataires représentent couramment la moitié à deux tiers des placements. Ce poids n'a rien d'un hasard ni d'une prudence excessive : il découle de la nature même du métier. L'assureur encaisse des primes aujourd'hui et promet des prestations demain ; l'obligation encaisse un capital aujourd'hui et promet des flux demain. Les deux courbes se répondent, et toute la gestion financière de l'assurance consiste à les faire coïncider.
Ce traité couvre l'assurance non-vie (IARD) : dommages aux biens, automobile, responsabilité civile, construction, santé et prévoyance courtes. L'assurance vie — passifs de plusieurs décennies, taux garantis, participation aux bénéfices — obéit à une logique de gestion différente et relève d'un autre ouvrage.
Ce traité couvre la gestion obligataire de bout en bout : ce qu'est une obligation et comment elle se valorise, les grandes familles d'instruments, le fonctionnement des marchés primaire et secondaire, les événements qui jalonnent la vie d'un titre — coupons, remboursements anticipés, dégradations, défauts —, les méthodes de gestion propres à l'assurance, puis le traitement comptable et prudentiel dans les trois référentiels applicables aux organismes français : les normes françaises assurance issues du code des assurances et du règlement ANC n° 2015-11, les normes IFRS avec IFRS 9, et Solvabilité II.
Le fil directeur du livre tient en une phrase : la comptabilité suit la gestion. Un assureur qui détient ses obligations jusqu'à l'échéance pour payer des prestations n'a pas le même besoin de représentation comptable qu'un arbitragiste qui les retourne en une semaine. Les trois référentiels étudiés ici traduisent chacun à leur manière cette idée — le coût amorti des normes françaises, le couple modèle de gestion / test SPPI d'IFRS 9, la valeur économique corrigée par le capital réglementaire de Solvabilité II. Comprendre l'économie de la détention obligataire avant d'ouvrir les textes : voilà la méthode suivie dans chaque partie.
Deux opérations de la vie du portefeuille obligataire font l'objet de traités distincts dans la même collection. La mise en pension et le prêt de titres, qui transforment temporairement les obligations en liquidité, sont traités en détail dans le Traité des opérations de pension dans les organismes d'assurance. Les instruments dérivés qui protègent le portefeuille contre les mouvements de taux et de change relèvent du Traité des opérations de couverture dans les organismes d'assurance. Le présent ouvrage leur consacre à chacun un chapitre de principes (chapitres 35 et 36) : assez pour situer ces opérations dans la gestion obligataire, et un renvoi pour le lecteur qui veut la mécanique complète.
Convention de lecture. Le mot obligation désigne dans tout l'ouvrage un titre de créance négociable au sens large : obligation proprement dite, titre de créance négociable à court ou moyen terme, bon du Trésor. L'assureur désigne indifféremment une entreprise d'assurance, une mutuelle ou une institution de prévoyance ; les trois familles appliquent les mêmes règles comptables de placement, sous réserve des renvois propres à chaque code. Les montants des exemples sont en euros ; les taux s'entendent en base annuelle. Le pied de coupon désigne le prix hors intérêts courus, seule convention de cotation utilisée sur les marchés obligataires.
L'ouvrage s'adresse aux directions des investissements, aux comptables de placements, aux actuaires, aux auditeurs et aux consultants qui interviennent sur la frontière entre gestion d'actifs et comptabilité d'assurance. Chaque partie se lit seule ; les chapitres de dossiers comptables se consultent comme des modèles d'écritures.
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